Fragments de vie #24

Fragments de vie #22

Anniversaire Zéro déchet

Pour mon anniversaire j’avais prévu un pic nique et une petite rando, dans un coin que j’ai découvert  il y a peu, et pour lequel j’avais eu un coup de coeur. Donc je voulais le faire découvrir aux copains. J’avais précisé que je ne voulais pas de cadeau, car je n’ai besoin de rien. Mais j’avais demandé un pic nique au maximum zéro déchet ! (oui on aime bien les défis dans la famille, comme pour mes 30 ans )

Malheureusement il a plu des cordes donc la ballade est tombée littéralement à l’eau. Mais j’ai décidé de garder l’idée du pic nique , à l’abris, avec des chants d’oiseaux enregistrés 😉 comme si on y était !  (désolée pour la mauvaise qualité des photos, j’ai dû me tromper dans le réglage…)

J’ai été heureuse de voir que mes amis avaient joué le jeu. Même si certains n’avaient pas pu préparer quelque chose, ils avaient fait l’effort de l’acheter en vrac, ou dans des bocaux (donc réutilisable ou recyclable). Ce que je trouve le plus difficile lorsque l’on est dans une démarche visant à diminuer nos poubelles, c’est de refuser. Qui est un des préceptes expliqués par Béa Jonhson ( la règle des 5 R : Réduire, Refuser, Réutiliser, Recycler, Rot -en anglais:composter). Surtout quand on n’est pas des pros de la communication comme moi, et que quand quelque chose me touche je perds mes moyens , ce qui peut me rendre un peu abrupte.  Pour donner un exemple, ma mère a voulu participer à sa manière, je lui avais demander un élément important dont je parlerai plus bas. Mais elle a souhaité mettre plus la main à la pâte, au téléphone elle m’annonce : « je t’ai mis des nappes en papier de côté »…Je me suis retrouvée bloquée, en répétant bêtement « Papier ! Papier ? Mais nooon ! « . Cela partait d’un bon sentiment, elle avait également prévu de me donner des tasses en plastique jetables. Là aussi, j’ai dû dire non. Cependant, ce que j’ose maladroitement avec ma maman, me serait difficile auprès des personnes qui m’entourent, amis etc. Comme par exemple: que dire quand on nous offre un bouquet de fleurs… »Merci, mais tu pouvais lui dire d’éviter le papier cristal » . C’est vrai quand on y pense, okay c’est « esthétique », mais à peine reçu en main, à peine mis dans la poubelle. Dans certains pays, c’est juste du papier kraft, ou même du papier journal. Bref, je digresse…

Ma copine elo avait par exemple, amené un risotto dans une gamelle de camping en métal léger, qui fait donc contenant hermétique mais aussi casserole. Elle avait pris des couverts en bambous, et des petites assiettes de camping. Des amandes dans un bocal, et des fruits dans des sacs à vrac.

J’avais fait des rouleaux de printemps, des galettes de farine de pois chiche, du houmous de pois cassés (ou houmous de shrek 😉 ), il y avait aussi ,des pommes de terre violette en tapas, des olives achetées en vrac, de la tapenade, des fruits secs, des fruits et légumes à croquer et bien sûr un gâteau sans gluten surprise – préparé par ma mère. Bref, vous voyez, même si les copains m’ont dit que cela avait représenté un vrai défi pour eux; une autre manière d’aborder les choses. La diversité était au rendez vous. Et n’empêche en rien de bien manger. Un simple sandwich aurait été aussi accepté, il n’aurait suffit que de l’emballer dans un torchon par exemple. Ce n’est pas si difficile.

Les indispensables pour un pic nique zéro déchet : des couverts et assiettes réutilisables (de camping ou de votre vaisselle habituelle), des verres.. en verre ou des gobelets de festival plus légers et aussi réutilisables. Des gourdes ou des bouteilles en verre. Des serviettes en tissus !! Fameux éléments que j’ai demandé à mes parents, et je suis ravie d’avoir enfin un set de serviettes en tissus chez moi, qui en plus a une histoire et maintenant une deuxième vie, au lieu d’attendre dans un placard.

pic nique zéro déchet

J’avais aussi sorti des pics réutilisables. Vous pouvez utiliser des tupperwares si vous en avez, mais le mieux est encore ceux ne contenant pas de PBA, ou de mettre dans des bocaux.

Merci à mes amis d’avoir accepté ma demande, et merci pour ce bon moment.

Alors prêt.e.s à tester un pic nique zéro déchet ?

Petites graines

Depuis quelques temps Natasha des Echos verts, donne des thématiques ou des défis en lien avec l’écologie sur lesquels plancher. Le défi de ce trimestre est de semer des graines vertes autour de nous. Comment agir pour sensibiliser notre entourage, que mettre en place pour créer des déclics, amener à la prise de conscience.

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Comme je ne suis pas dans la moralisation ou le prosélytisme , et que je prône plutôt la sensibilisation par l’exemple. Ma première réponse à ce challenge a été : mon mode de vie et mon blog. C’est ma manière de faire passer des messages, de ce qui me tient à coeur. Oui mais voila, à force  de  lire les autres participant.e.s, je me suis dit que je restais trop campé sur mes acquis, bien au chaud dans ma zone de confort. L’autre petite graine que j’ai mise en avant dans le forum et que je voulais vous partager ici au départ. Tournait autour de mon expérience de ramassage de déchets dans la nature, quand je vais marcher.

Extrait du forum :« Petite graine et grand bonheur. Je ne ramasse pas un déchet par jour. Mais quand je vais randonner, j’essaye de prendre toujours un sac plastique pour collecter les déchets que je trouve sur mon chemin. Il est marrant de voir les réactions que cela suscite. Certains regardent, mais ne disent rien. Un papa une fois s’est arrêté pour me dire, « c’est super ce que vous faites, tout le monde devrait faire pareil » .Mais il ne m’a pas aidé. Et aujourd’hui sur le chemin du retour, le sac bien chargé après 3h de marche, j’entends un petit « hey !  » .Je me retourne et vois un jeune garçon qui nous courent après , les bras tendus et dans les mains, un couvercle et une bouteille en plastique. Emue et heureuse je bredouille un « merci, c’est super »; Il avait tout compris et moi au bord des larmes, je me suis sentie utile.et pleine de gratitude. » Photo à l’appui :

récolte gardanne

photo par Lady Stardust ce jour là

Mais, re-voila , une couche supplémentaire à mon questionnement sur mon implication dans le changement et ces graines à semer, s’est vite rajouté à tout ça ! Et c’est plutôt ce cheminement mental (qui est encore en cours) que je souhaite vous partager.

Je me suis inscrite il y a presque un an à une association mettant en place plusieurs événements me tenant à coeur : Pays d’Aix en Transition . Je voulais être dans des actions plus concrètes, mettre les mains dans la terre, aider à la mise en place de jardins partagés par exemple. Ce réseau me permet d’avoir accès à pleins d’informations, des projections de films, des ateliers , des initiations à la permaculture, etc. Mais,jusque là je n’ai réussi qu’à intégrer le projet d’un journal de bonnes nouvelles, donc rester dans ce que je sais un peu près faire « écrire », chose que je peux faire en plus seule, dans mon coin, à mon rythme… J’ai vu passer une annonce de recherche de bénévoles pour le festival de films écolos de Salon de Provence. Je n’y ai pas répondu, et je n’y suis même pas allé, alors que ça m’intéresse. Je me trouve des excuses pour ne pas participer aux séances de jardinage. Ou d’après midi ramassage de déchets organisés par d’autres asso. Bref , vous voyez peut être où je veux en venir —–> procrastination et timidité.

A la dernière réunion du journal des bonnes nouvelles, plusieurs phrases ont fait résonance en moi. « Le temps n’est plus aux actions individuelles, c’est bien mais insuffisant. Il est temps de passer à la vitesse supérieure. Au collectif. Agir à plusieurs, en masse, pour vraiment créer le changement. » « Savoir pourquoi et comment on s’engage, que ce soit pour ce projet ou un autre, ce que l’on projette là dedans.  » BIM Grosse claque. J’agis dans ma bulle au quotidien. Je me positionne plus facilement comme médiatrice, informer, faire connaître aux amis, aux gens que je rencontre, telle initiative, tel événement. Sans plus réfléchir. C’est peut être moins impliquant (?). Défi de parler de ce qui nous touche sans être expert en la matière. Trouver sa légitimité. Trouver le bon équilibre entre notre envie d’implication et nos réels capacités.Tout en allant de l’avant parfois.  D’un point de vue général : Comment mettre en place des actions pour réveiller la fibre verte chez des inconnus , lorsqu’on a du mal à s’intégrer dans des groupes, se mettre en avant et que notre confiance en nous vacille selon les jours ? Par quel biais faire basculer le point de vue ?

... : Des graffitis en mousse végétale, le street art version écolo

Voici où j’en suis, que faire de plus et comment ? Organiser des ramassages de déchets-concerts ? en dansant c’est plus marrant.  Faire du théâtre forum en suivant les gens dans la rue un sac de déchets à la main « C’est à vous ?  il faudrait le récupérer maintenant , hein ! » 😀 Me servir de mon expérience d’animatrice pour mettre en place des ateliers ? En tout cas, ne pas me reposer sur mes lauriers….Oser se frotter peut être à un public qui semble se ficher de l’environnement . Oser interpeller. M’intégrer dans la « communauté » pour de vrai. Dépasser la ligne jaune et cesser de croire que ce que je fais est assez. Voir plus loin, plus grand. Vaste programme. ( la trouille…)

Qu’en pensez vous ? Et vous, quels sont les graines que vous semez ? Que me conseilleriez vous de mettre en place ? Comment imaginez vous des actions sur la transition qui pourrait vous séduire ?