Libres livres

J’ai découvert les livres voyageurs il y a presque 10 ans. Je m’en souviens bien, il y avait un salon de thé que j’aimais bien, rue d’Italie à Aix en Provence (qui a fermé depuis) , qui proposait sur une de ses tables tout un tas de livres avec des codes inscrits à l’intérieur…bizarre autant qu’étrange. C’était l’arrivée des book crossing venus des Etats Unis, pour que les livres ne restent pas à prendre la poussière sur les étagères et découvrent le monde autant que nous. Il suffisait de prendre un de ses livres, noter sur le site de référence que nous l’avions et où nous le poserons après lecture.Comme cela on pouvait suivre sa progression, et aussi découvrir de nouveaux lieux qui accueillaient des livres voyageurs. Depuis l’idée a fait des émules, avec un fonctionnement beaucoup plus simple.

https://i2.wp.com/france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/sites/regions_france3/files/assets/images/2015/06/12/livre_voyageur_2.jpg

Il y a la version basique je dirais, mise en place à titre individuel. Je vous en avais parlé il y a quelque temps (ici), car c’est un moyen que j’ai utilisé pour faire du tri dans ma bibliothèque. Vous avez fini un roman, vous ne souhaitez pas le garder. Il suffit de le laisser sur un lieu de passage, dans le métro, un arrêt de bus, etc. avec un petit mot explicatif. Et le livre trouvera un acquéreur curieux.

De plus en plus , des villes ou des associations intègrent dans les paysages urbains des cabanes ou endroits insolites où l’on peut à sa guise, donner ou prendre des ouvrages de passage. Les valeurs transmises par ce seul acte, sont  assez fortes. C’est montrer que lire est à la portée de tous, pour ceux qui croiraient que les bibliothèques ou les libraires ne seraient que pour une élite. Le sortir de son contexte habituel. Par exemple à Marseille ou d’autres plages du Sud de la France. Nous pouvons découvrir chaque été de grands rayonnages, ou des cabines pleins de quoi se cultiver en prenant le soleil. C’est mettre en avant le partage, la gratuité, et expliquer ainsi qu’un autre mode de vie est possible. Cela peut représenter aussi un point de rencontre, de discussions, dans des quartiers peut être un peu tristounets. Créer du lien.

Durant mes différentes escapades je m’amuse à dénicher ces bouquins en partage. J’ai pu ainsi découvrir, que plusieurs bibliothèques proposaient des coins « dons » pour sauver certains de leurs anciens petits protégés du pilon. J’ai pu voir des livres voyageurs en bord de plage normande, d’autres dans un foyer du troisième âge, d’autres encore dans le ventre d’une girafe… Et encore, je n’ai pas tout pris en photo !

 

Comme vous pouvez le voir, le principe est assez simple. Le principal étant de protéger les livres de dégâts éventuels liés aux intempéries ou à des personnes non respectueuses. Ensuite on peut trouver toutes les formes du nichoir au tube géant. Voire même d’anciennes cabines téléphoniques métamorphosées en bibliothèque libre de rue. Vous pouvez vous même être à l’initiative de cela. Bien sûr quand on est raisonnable, le mieux est de demander l’accord à la mairie, étant donné que c’est sur la voie public…Mais bon, qui pourrait être contre une telle proposition 😉 Et puis, il y a un moment où être raisonnable a ses limites 🙂 Surtout quand c’est pour un acte citoyen basé sur la confiance , le don et l’échange.

Seriez vous prêt.e.s à tenter l’expérience ?

 

2 bougies

Au début du mois mon blog a fêté ses 2 ans !  🙂

Youpi !

crédit photo :Laura Sauvage

Deux années remplies en émotions en tous genres personnellement, professionnellement, et le blog a suivi ces fluctuations…

Dormance…mais pourquoi Dormance ? C’est vrai je crois que je ne vous ai jamais expliqué pourquoi mon blog avait ce nom. Tout à commencé par une émission sur la nature sur France inter. J’ai entendu ce terme botanique de dormance. Il qualifie la capacité qu’ont certaines graines en terre à conserver toutes leurs forces, toute leur énergie pendant un temps indéterminé pour germer et s’épanouir quand le moment est le plus propice. J’ai trouvé cette image très belle, nous sommes tous des graines en dormance..attendant le meilleur moment pour nous épanouir et laisser exploser le plus beau de nous même ! Ce mot s’est calé dans un endroit de ma tête. Puis quand je suis partie voyager seule pour la première fois (en Angleterre). Ce titre se répétait dans mon crâne sans cesse « Dormance Petit Chat Grain », pour me débarrasser de cette ritournelle entêtante, je l’ai écrite sur un coin de mon carnet de voyage . Me disant que je verrai bien ce que j’en ferai… Quelque temps après me décidant de me lancer dans la blogosphère , il me paru évident que le nom de mon site serait ce pseudonyme sorti de nulle part .

Même si à la base , je comptais l’intituler « de l’ombre à la lumière » car je comptais y mettre ce qui me permet et m’a permis d’être mieux dans mes baskets au fil des années. Et parce que je me répète souvent que de l’ombre nait la lumière, ou qu’après l’ombre vient toujours la lumière..Mais quand j’ai vu que la majorité des associations de dépressifs de France avaient choisies ses termes, je suis passé à autre chose 🙂 La partie ombre transparait avec le jeu de mot « petit chagrin », mais se réjouit de la vie tel un chat épicurien avec un grain de folie. Et mon blog a pour principal but de planter des graines dans l’esprit de chacun. D’ailleurs pour le lancement de celui ci , j’avais planté 2 romarins pour compenser la pollution générée  ,souvenez vous.

Un des romarins , 2 ans après

Je suis actuellement (encore) en phase de transition dans ma vie, mon inspiration en pâtit, évidement . J’ai commencé ce blog, pour trois raisons : stimuler ma créativité, tenter de faire réfléchir les autres et ainsi porter ma pierre à l’édifice , et surtout m’occuper pour ne plus m’ennuyer dans mon travail. Car à l’époque j’étais standardiste dans un théâtre, cela peut paraître sympathique, mais cet emploi ne m’épanouissait pas du tout. Les spectacles, voir les artistes et surtout l’équipe m’ont permis de tenir 3 ans. Sinon c’était principalement de 9h à 19h plus des soirs et des weekends, de l’ennui ou des périodes de rush intenses, l’agressivité des gens au téléphone et la joie d’être en bas de l’échelle hiérarchique…pour résumer très grossièrement. Après deux craquages nerveux, j’ai décidé de partir. Et je n’ai eu d’autres possibilité que de démissionner en septembre dernier. Je n’avais plus envie d’avoir l’impression de passer à côté de ma vie, comme je me suis toujours fixé comme objectif de vieillir sans être dans les regrets. J’ai dû chercher au plus vite  un nouvel emploi, étant donné que je n’avais pas le droit à des allocations quelles qu’elles soient.  J’ai repris mon ancienne casquette d’animatrice culturelle avec crainte, mais plaisir au final. En enchainant tout ça, avec en plus apprendre un nouveau boulot, faire beaucoup de déplacements (me remettre à conduire…aïe) , et être dans une nouvelle énergie. Ma santé ne m’a pas trop aidé, mon corps était épuisé (et l’est encore un peu), j’ai affronté tout ça malgré tout. Mais ne pouvant prendre un deuxième travail pour avoir un salaire décent , étant trop fatiguée. Je comptais mettre en place une boutique en ligne en parallèle, de ce que je couds. Là encore, cela se fait doucement, je n’ai pas réussi à le faire pour l’instant (le doute n’aidant pas). Je suis de nouveau fâché avec ma machine à coudre, donc ça attendra. Peut être n’est ce pas là mon chemin ?

A côté de ça, je tente d’écrire régulièrement sur un blog collectif féminin nommé Bar Tendre. J’en parle peu, car je n’assume pas encore ce que j’y écrit, je tatonne et peine à trouver mon style. Car ce blog est plus un journal intime ouvert, ce qui n’est pas évident.J’ai repris le yoga. Je me suis engagée aussi dans la création d’un journal des bonnes nouvelles sur Aix en  Provence (actuellement en standby) et ces derniers jours j’apprends et j’aide à la mise en place d’un jardin partagé en permaculture. Je vous avouerais que je préfère marcher dans la nature et jardiner en ce moment plutôt que d’être sur l’ordinateur. Je prends le temps de me remettre à lire, et voir les copains-copines au maximum. Jusqu’à il y a peu, je faisais partie d’une troupe de théâtre. Mais ayant pour objectif de partir voyager, je ne me suis pas engagée sur la prochaine création…Je compte lâcher mon appart, trouver un nouveau lieu de vie, définir si je reste dans la même région etc. Et puis la vie, la vie et ses tristes nouvelles (surtout ces derniers temps), ses soucis et  ses épreuves… peut être rien de grave, la vie quoi , entant que petite hypersensible.

Bref tout ça pour vous expliquer et me justifier (bêtement ?) de mon irrégularité sur le blog, ainsi que de l’avenir incertain de celui ci. Je ne sais vraiment pas le visage qu’il aura dans les semaines à venir et/ou si celui là va perdurer. Car mine de rien tenir un blog prend énormément de temps. Entre avoir les idées, les rédiger (sur un vieil ordi qui rame argh !) les publier, s’occuper des réseaux sociaux, se rendre visible etc etc. Pour un retour parfois minimal. C’est parfois frustrant, voire décevant. Mais toujours autant porteur humainement. J’ai fait de très belles rencontres grâce à ce blog. Grâce ,par exemple, aux « apéro-blogs » (qui sont plutôt des goûters)  organisés dans ma ville, je me suis fait de vraies copines. J’ai parfois le plaisir de voir l’impact de ce que j’écris, comme quand des lectrices/blogueuses me disent qu’elles ont osé voyager seule suite à l’article que j’ai écrit à ce sujet…Cela me rend très heureuse. Je me fais un plaisir de suivre les copines blogueuses que j’affectionne, sans les connaître en chair et en os, mais avec qui j’ai un lien virtuel fort . Ravie de suivre par exemple ma chère Mathilde du blog couture : »Une graine dans mon chapeau » qui va ouvrir une épicerie de vrac avec une amie :l’effet bocal. Échanger des colis surprises avec certaines .Des courriels avec d’autres.

On verra bien ce que cela deviendra…affaire à suivre. Quand je relis ce que j’avais écris pour les 1 ans du blog. Je me rend compte que tout n’est qu’évolution constante (sans blague !? ) , mais que je n’ai pas encore atteint l’objectif de mettre plus de fantaisie et de folie dans ce blog… Peut être emmènerai-je dans mes pérégrinations de quoi vous faire découvrir ce que je vis, tout en restant dans ma thématique.

Tout ça pour vous dire merci cher.e.s lecteurs/lectrices, vous n’êtes pas nombreux , mais fidèles. Cela me touche ❤ Et aussi pour vous montrer ce que j’ai planté pour les 2 ans du blog ! Je voulais une plante mellifère, robuste et autonome..mais il n’y avait pas ce que j’avais en tête à la jardinerie. Et en voyant un bourdon sur cette belle bruyère, j’ai compris que c’est ce qu’il me fallait. Ce n’est pas un végétal du coin, je prends le risque. Je la trouve belle, et elle est symbolique pour moi. elle représente ces lieux chers à mon coeur, que je souhaite arpenter bientôt !

Merci d’être là chères extraordinaires graines en dormance !

Brunch & Troc

L’univers du prêt à porter peut représenter pour certain.e.s une tentation constante. De la mode pas chère, qui renouvelle sans cesse ses stocks pour donner toujours envie. On nous affole avec des soldes, des promos, des offres exceptionnelles,  créant le besoin. Mais derrière cela une face obscure se tapit ( je vous en vais parlé ici avec de magnifiques photos..hum). Pour contrer cette surconsommation, il existe bien des alternatives.

Récemment ma copine et blogueuse Marion à proposé d’organiser chez elle un brunch particulier. Un moment convivial entre copines ,et copines de copine, et ainsi de suite. Autour de bonnes choses à déguster, et surtout de quoi troquer. Le principe est simple vous apportez de quoi grignoter et aussi ce dont vous ne voulez plus, vêtements, bijoux, cosmétiques ou objets.

C’est à ce moment là qu’on comprend à quel point nous accumulons, gardons pour on ne sait quelle raison. Il existe maintenant plusieurs méthodes pour faire du tri chez vous, selon Marie Kondo , Béa Jonhson ou d’autres encore. Nous entendons parler de plus en plus de minimalisme, de garde robe capsule. Tout cela vise le même objectif. Réduire notre consommation et surtout comprendre que nous n’avons pas besoin de beaucoup pour être heureux. Et dans le cas des vêtements nous n’avons pas besoin de beaucoup de pièces, tout est une question d’associations multiples avec quelques éléments basiques. En achetant moins, nous pouvons donc nous permettre de nous offrir des vêtements de petits créateurs, de meilleure qualité, et/ou fait en France dans des matières respectueuses de l’environnement, des employés et de nous même par la même occasion.

 

La question de base est « Ai-je vraiment besoin de ça ? Qu’est ce que cela m’apporte de le posséder/ de l’acheter ? » . Le but n’est pas d’être dans une frustration, mais de comprendre que le plaisir que nous apporte le fait d’acheter un objet est éphémère. Et que nous pouvons trouver ce bien être ailleurs. Face à sa penderie, son placard , il est temps de s’interroger  » Depuis quand n’ai je pas porter ce vêtement ? Ou utiliser cet ustensile ?  » Pour un objet, si nous l’avons en double ou en triple, le tri est facile à faire. Nous pouvons aussi prêter, nos dvd, livres, ou notre machine à raclette dont on ne se sert jamais ou 1 fois l’an. C’est une manière de faire vivre ce que nous possédons, si nous ne sommes pas prêts à nous en séparer. Chaque objet a une histoire, il existe des liens sentimentaux ,c’est donc compliqué de s’en défaire parfois. Le tout est de le faire pas à pas. mais après…quel sentiment de légèreté !

 

Après plusieurs essayages, des rires, de bonnes discussions. Nous sommes reparties chacune avec de nouveaux éléments , nous délestant d’autres. Mais nous avons décidé, que ceux qui n’avait pas trouvé une nouvelle maison. Seraient donné à La fibre solidaire, un association sur le Pays d’Aix  récupérant de « vieux » vêtements qui finissent soit en boutique , soit dans un atelier de couture, le tout permettant la réinsertion et l’apprentissage. Une autre économie peut exister, c’est à nous de la créer !

Alors ? Prêt.e.s à faire le tri et troquer ? Prêt.e.s à organiser cela chez vous, au travail, ou dans votre village ou votre cours d’immeuble ?

 

Fontaine de Vaucluse

Il existe des lieux qui très rapidement peuvent vous couper du quotidien. Où en quelques instants, vous oubliez votre matinée voire votre semaine de travail . Où l’on se sent en vacances même si ce n’est pas le cas, pour peu que le soleil soit au rendez vous. C’est ce que j’ai ressenti en visitant le village de Fontaine de Vaucluse.

Depuis le temps que je souhaitais visiter ce petit coin du Vaucluse, à quelques minutes  d’Avignon, me voilà comblée. C’est grâce à ma copine blogueuse et photographe Laura Sauvage, qui a grandit non loin de là, que j’ai pris le temps d’enfin me rendre dans ce joli village. Elle a voulu me faire découvrir ce lieu touristique fait de pierre et d’eau.

Bien sûr par son nom, on peut se douter que l’eau est omniprésente, à un point tel qu’un moulin hydraulique y a été construit. Un moulin pour fabriquer du papier !! Et c’est bien cela qui m’ a toujours donné envie d’y aller.

 

Nous avons eu la chance de pouvoir profiter de ce bel endroit, sans trop de touristes. Sinon c’est foule monstre. Les terrasses colorées et tentantes en bord de rivière encore fermées nous font de l’oeil, paisibles rêveries d’un vide serein. L’ italien, l’allemand, et les mots de Pétrarque le poète humaniste courent dans les rues et sur les murs. Tout se mélange sous le bruit de l’eau forte et fraîche des neiges fondues. Nos pas se dirigent premièrement vers le moulin de Vallis Clausa. Pour nous y rendre, une galerie abritant des artisans et des gourmandises un peu triste hors saison. Cette roue  tournant sans fin, au rythme des remous m’a fasciné. Toute l’intelligence et le savoir en cet objet ayant traversé les âges, on frôle l’infini et ça donne le tournis.

 

Puis nous voila face aux marteaux, aux bassins, aux grilles et tout cet univers suspendu dans le temps. Juste à observer, c’est déjà impressionnant. J’aurais aimé en savoir plus.

Le moulin mène au magasin, ou bien est ce l’inverse. La tentation est forte, les papiers se parent de fleurs, de feuilles en tous genres, de robes aux couleurs changeantes . Ils se changeront en cahier, en cartes postales, ou feuille libre comme l’air.

souvenir du moulin à papier

Puis il fallut prendre un peu de hauteur.  il était temps de découvrir LE Trou..  L’œil bleu où tout se passe, d’où tout vient. Qui a ses caprices, parfois vides, parfois plein. Nous avons été chanceuses. Il était repu de glacier . Mais par où passe le précieux liquide ? c’est là que réside le mystère. Il y a forcément un truc ! C’est la magie de la nature. A bien regarder, on peut observer des vestiges des passages d’autres rêveurs marcheurs comme nous.

 

La tête en prend plein les sens, pour qui aime randonner il y a des grottes à découvrir, un château perché, pour ceux aussi amateurs d’histoire peuvent se rendre au musée traitant de la deuxième guerre mondiale et faire un saut dans les époques en se rendant dans l’église médiévale de la ville et pour les amoureux des lettres vous pourrez vous réfugier au musée et à la librairie consacrés à Pétrarques. Puis finir en mangeant une glace artisanale à la figue et à la lavande.

 

Pour celles et ceux qui seraient tentés par la découverte de ce village provençal. Je ne peux que vous conseiller d’y aller en période creuse sous le soleil, pour profiter pleinement du lieu.

Fragments de vie #22

Anniversaire Zéro déchet

Pour mon anniversaire j’avais prévu un pic nique et une petite rando, dans un coin que j’ai découvert  il y a peu, et pour lequel j’avais eu un coup de coeur. Donc je voulais le faire découvrir aux copains. J’avais précisé que je ne voulais pas de cadeau, car je n’ai besoin de rien. Mais j’avais demandé un pic nique au maximum zéro déchet ! (oui on aime bien les défis dans la famille, comme pour mes 30 ans )

Malheureusement il a plu des cordes donc la ballade est tombée littéralement à l’eau. Mais j’ai décidé de garder l’idée du pic nique , à l’abris, avec des chants d’oiseaux enregistrés 😉 comme si on y était !  (désolée pour la mauvaise qualité des photos, j’ai dû me tromper dans le réglage…)

J’ai été heureuse de voir que mes amis avaient joué le jeu. Même si certains n’avaient pas pu préparer quelque chose, ils avaient fait l’effort de l’acheter en vrac, ou dans des bocaux (donc réutilisable ou recyclable). Ce que je trouve le plus difficile lorsque l’on est dans une démarche visant à diminuer nos poubelles, c’est de refuser. Qui est un des préceptes expliqués par Béa Jonhson ( la règle des 5 R : Réduire, Refuser, Réutiliser, Recycler, Rot -en anglais:composter). Surtout quand on n’est pas des pros de la communication comme moi, et que quand quelque chose me touche je perds mes moyens , ce qui peut me rendre un peu abrupte.  Pour donner un exemple, ma mère a voulu participer à sa manière, je lui avais demander un élément important dont je parlerai plus bas. Mais elle a souhaité mettre plus la main à la pâte, au téléphone elle m’annonce : « je t’ai mis des nappes en papier de côté »…Je me suis retrouvée bloquée, en répétant bêtement « Papier ! Papier ? Mais nooon ! « . Cela partait d’un bon sentiment, elle avait également prévu de me donner des tasses en plastique jetables. Là aussi, j’ai dû dire non. Cependant, ce que j’ose maladroitement avec ma maman, me serait difficile auprès des personnes qui m’entourent, amis etc. Comme par exemple: que dire quand on nous offre un bouquet de fleurs… »Merci, mais tu pouvais lui dire d’éviter le papier cristal » . C’est vrai quand on y pense, okay c’est « esthétique », mais à peine reçu en main, à peine mis dans la poubelle. Dans certains pays, c’est juste du papier kraft, ou même du papier journal. Bref, je digresse…

Ma copine elo avait par exemple, amené un risotto dans une gamelle de camping en métal léger, qui fait donc contenant hermétique mais aussi casserole. Elle avait pris des couverts en bambous, et des petites assiettes de camping. Des amandes dans un bocal, et des fruits dans des sacs à vrac.

J’avais fait des rouleaux de printemps, des galettes de farine de pois chiche, du houmous de pois cassés (ou houmous de shrek 😉 ), il y avait aussi ,des pommes de terre violette en tapas, des olives achetées en vrac, de la tapenade, des fruits secs, des fruits et légumes à croquer et bien sûr un gâteau sans gluten surprise – préparé par ma mère. Bref, vous voyez, même si les copains m’ont dit que cela avait représenté un vrai défi pour eux; une autre manière d’aborder les choses. La diversité était au rendez vous. Et n’empêche en rien de bien manger. Un simple sandwich aurait été aussi accepté, il n’aurait suffit que de l’emballer dans un torchon par exemple. Ce n’est pas si difficile.

Les indispensables pour un pic nique zéro déchet : des couverts et assiettes réutilisables (de camping ou de votre vaisselle habituelle), des verres.. en verre ou des gobelets de festival plus légers et aussi réutilisables. Des gourdes ou des bouteilles en verre. Des serviettes en tissus !! Fameux éléments que j’ai demandé à mes parents, et je suis ravie d’avoir enfin un set de serviettes en tissus chez moi, qui en plus a une histoire et maintenant une deuxième vie, au lieu d’attendre dans un placard.

pic nique zéro déchet

J’avais aussi sorti des pics réutilisables. Vous pouvez utiliser des tupperwares si vous en avez, mais le mieux est encore ceux ne contenant pas de PBA, ou de mettre dans des bocaux.

Merci à mes amis d’avoir accepté ma demande, et merci pour ce bon moment.

Alors prêt.e.s à tester un pic nique zéro déchet ?

Les heures lentes

C’est étrange cette difficulté que l’on peut avoir à se laisser aller vraiment, et surtout à ne rien faire du tout, sans culpabiliser, ça vous  le fait aussi ? Pourtant il est parfois nécessaire de ralentir le rythme…

respire

Dormance Petit Chat Grain

Je suis plutôt du genre à ne jamais savoir me poser réellement. Même quand je veux essayer de faire une micro sieste, mon esprit continue à cogiter. Je dirais presque encore plus dans ces moments là ! Normal, vu que c’est un moment de relâchement . Vous avez remarqué, c’est toujours lorsque l’on est sous la douche, en train de conduire, de faire une rando, ou de faire du yoga que les bonnes idées arrivent. Et il faudrait avoir sur le champs, un carnet en poche pour tout noter. Donc une seconde après m’être allongée, je me relève pour noter à quoi je viens de penser ou carrément  le faire . Et m’allonge de nouveau, et c’est un ballet incessant. Donc en général j’abandonne l’idée de faire une sieste très rapidement. Dès que je ne travaillais pas, je me sentais obligée de charger mes journées, j’essayais de voir des copines, de me faire des listes des choses à faire etc etc. Alors que tous les éléments dont je remplissais mes journées me plaisaient, je me sentais quand même stressée, fatiguée, voire submergée…

6.22.15. Ain't nothing better then taking off on a Monday, ain't nothing worse then being sick on that same Monday. ~yelena bryksenkova:

illustration Yelena Bryksenkova

Pour la majorité d’entre nous,  « malheureusement » nous attendons d’être malade pour vraiment ne plus rien faire. La fièvre ou les douleurs commandant notre quotidien. Et c’est bien dommage. Il semblerait que notre société voit d’un mauvais oeil le fait de paresser, de rêvasser, de prendre son temps. Ce qui fait que pour beaucoup d’entre nous il est difficile de le faire sans culpabiliser.Il faut être efficace, productif, actif ! Pourtant, lever le pied est si bénéfique, cela nous permet de nous recentrer, de nous retrouver, de reprendre des forces. Je ne dis pas de vivre toutes les semaines de sa vie tel un paresseux (l’animal), mais de s’octroyer régulièrement des pauses. Il est reconnu que ne rien faire quelques minutes, même pas méditer ou écouter de la musique, rien de rien , a un impact positif d’un point de vue cognitif. Cela permet entre guillemets de remettre les choses en place, de voir plus clair.

Rainy Day by Yelena Bryksenkova:

Illustration Yelena Bryksenkova

Au mois de janvier après plusieurs mois chargés, une démission d’un emploi qui m’épuisait, un enchainement direct avec un nouveau job à appréhender, les rdv pôles emploi, quelques petits soucis de santé. J’ai eu dix jours sans rien entre deux missions..comme à mon habitude, je me suis mise la pression en me disant « j’en profite pour voyager, ça me fera du bien, il faut que je parte,il faut que je fasse quelque chose,  il faut que je parte…oui mais où? » Il faut...Bref, je n’arrivais pas à fixer une destination, regarder les avions ou les trains me barbait..Il fallait que je suive ce premier instinct. Finalement le temps n’était pas au beau, et ma santé tirait encore la sonnette d’alarme. Et pour la première fois depuis longtemps, je me suis laissée ne rien faire. J’ai compris énormément de chose pendant ces quelques jours au ralenti. Bien sûr, je n’ai pas d’enfants à charge ou de compagnon avec qui devoir faire la discussion, c’est peut être plus facile. Mais je reste persuadée qu’il est possible de s’offrir une petite coupure quotidienne, ou au pire hebdomadaire même dans ces cas là. C’est même vital.

« Nous épouser la femme et acheter les livres avec lesquels nous voulons vivre » - andré maurois    impression NUMERIQUE (dune aquarelle et gouache:

Illustrations Yelena Bryksenkova

J’ai vécu pour la première fois au rythme de mes envies, sans culpabiliser. Sans imaginer un regard extérieur, jugeant, sans question de bien ou de mal. Juste en ayant conscience que ce que je faisais était bon pour moi. J’ai trainé en tenue décontractée (pour ne pas dire en pyjama) pendant des heures, me recouchant quand je m’en sentais le besoin à n’importe quelle heure, sans me dire que ça allait m’empêcher de dormir, sans même parfois sommeiller. Seulement profiter d’être sous la couette et d’écouter la vie dehors. Je n’ai fait aucune liste de choses à faire, à finir. Je ne suis pratiquement pas sortie de chez moi. Et finalement j’ai fait plus de choses que lorsque je me fait des to do list incroyablement longues. J’ai compris que c’était cela qui me bloquait, regarder mes tas de tissus qui attendent, mes vêtements posés sagement pour être raccommoder, la liste des films et des séries à voir, la pile de livre à lire ,plus le ménage, les courses, etc. et voir tout cela comme des urgences, des obligations. Cela me coupait la motivation avant même de m’y mettre, je ne savais pas par où commencer . C’était trop à gérer d’un coup . Ces listes mettent la pression, car si en plus on ne les a pas terminés on se sent mal, c’est écrit noir sur blanc là : tu n’as pas lavé les vitres, et tu n’es toujours pas passé chez l’horloger !Feignante ! Alors que , -durant cette parenthèse- quand je faisais les choses au moment où j’en avais vraiment envie, et que je me sentais dispo, je le faisais avec plaisir et efficacement. J’ai compris également, que je n’avais pas à partir , voyager, changer de cadre pour me ressourcer. Que je pouvais le faire chez moi, tout simplement en m’écoutant. Il fait beau mais je ne sors pas prendre le soleil…pour une fois, est ce si grave ? Si sur le moment, l’envie de regarder ma collection de carte postale me prend. L’important  c’est ce que l’on ressent sur le moment. J’ai évité l’ordinateur. Tout ça à fait, que j’ai senti mon esprit au repos, et beaucoup plus apte à réfléchir et prendre des décisions . Cela m’a aidé à me remettre à écrire par exemple. Ce dont j’avais besoin. Et dont j’ai encore besoin 🙂 ma phase de transition n’est pas terminée, il y a encore des décisions à prendre. Mais comment les prendre quand on se sent toujours pressé comme un citron ?

Ces heures lentes nous permettent de nous construire, contrairement à ce que l’esprit commun pourrait nous faire penser. Et je parle bien, de prendre le temps, de suivre ses envies, de lire, d’écouter le silence, d’observer le ciel, pas de rester devant la télé des heures durant. Même si ça peut faire du bien de temps en temps aussi, pour relâcher les tensions. Juste se laisser porter.

(Les illustrations de cet article sont d’une créatrice dont j’adore le travail, si vous voulais connaître plus son univers :son blog et sa boutique en ligne )